woman sitting by the ocean

Témoignages sur notre impact

Lorsque vous appuyez la Fondation canadienne des femmes, vous aidez à changer des vies. Les histoires des personnes qui ont participé aux programmes que nous finançons en disent long sur ce potentiel de transformation. Vous trouverez ici une sélection d’histoires que nous avons fait circuler dans nos publications et vidéos.

L’histoire de Sylvia

« Une nouvelle conception du leadership »

En tant que diplômée de l’Institut pour le leadership de la Fondation canadienne des femmes, Sylvia Wootten s’efforce de renforcer le pouvoir d’agir des femmes avec qui (et pour qui) elle travaille au Newcomer Centre à Peel. Par Sylvia Wootten.

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L’histoire de Sylvia

J’ai appris « une nouvelle conception du leadership. »

En tant que diplômée de l’Institut pour le leadership de la Fondation canadienne des femmes, Sylvia Wootten s’efforce de renforcer le pouvoir d’agir des femmes avec qui (et pour qui) elle travaille au Newcomer Centre à Peel. Par Sylvia Wootten.

Depuis le début des temps, la force des femmes réside dans leur capacité à s’échanger des connaissances et s’entraider. Pour atteindre l’égalité des genres, il faut que les femmes aient confiance en leur capacité d’exceller dans des positions de leadership. C’est précisément la transmission de cette connaissance du leadership qui est au cœur du travail accompli à l’Institut pour le leadership de la Fondation canadienne des femmes.

Lorsque j’ai commencé à participer au programme de leadership, en 2014, je voulais mieux comprendre le leadership, non pas comme titre ou mesure du pouvoir, mais comme moyen de provoquer des changements et favoriser le développement communautaire.

Mes nouvelles compétences m’ont servi dans mon travail de Responsable des services d’établissement au Newcomer Centre (centre pour personnes nouvellement arrivées) de Peel. Plusieurs de mes collègues sont des femmes, et une partie de mon travail consiste à renforcer le pouvoir d’agir des femmes immigrantes qui s’adaptent à la vie au Canada. Les occasions de développement professionnel sont rares dans ce domaine.

L’Institut m’a donné la chance d’entrer en contact avec des spécialistes et des mentores, d’explorer de nouvelles méthodes de travail et de comprendre la mentalité derrière les tendances et les comportements en matière de leadership chez les femmes. Mais ce n’était que le début. Le programme m’a également transmis une nouvelle façon de penser qui est utile, au-delà du « comment », à mieux comprendre le « pourquoi ».

Nous avons abordé toutes sortes de sujets, dont la gestion d’une entreprise sociale, les stratégies de mise en marché, la réflexion stratégique, la pensée critique et les styles de leadership démocratique. Nous avons réfléchi au leadership depuis une perspective de genre et avons nommé les qualités de leadership que nous possédons et celles que nous voulons acquérir.

Un autre aspect unique de ce programme est qu’il rassemble 25 femmes de divers horizons personnels et professionnels. Notre groupe était uni par une vision commune : contribuer à améliorer la vie des femmes au Canada. Nous sommes restées en contact et continuons à défendre les droits des femmes et des collectivités pour lesquelles nous travaillons. Nous ouvrons des portes qui nous étaient auparavant fermées, et veillons à ce que même les voix les plus discrètes soient entendues.

L’impact de l’Institut pour le leadership de la Fondation canadienne des femmes va bien au-delà des effets ressentis par chaque participante. Il touche les organismes et les collectivités où travaille chacune des femmes, débouchant sur des résultats concrets.

Le Newcomer Centre de Peel et la communauté des personnes nouvellement arrivées ont bénéficié des nouvelles idées élargissant notre champ de travail. Le programme nous a donné l’occasion de demander une subvention de 3 000 $ pour renforcer le potentiel de leadership au sein de nos organismes. Grâce à cette subvention, j’ai réussi à offrir à tout notre personnel de gestion une formation qui lui a permis de réfléchir de façon critique à nos modes d’organisation et de développer une nouvelle stratégie favorisant une programmation axée sur les besoins des femmes immigrantes.

J’utilise également certaines compétences acquises à l’Institut pour mettre sur pied un nouveau projet dans la région de Peel. Je travaille à la création d’un partenariat qui rapprochera les différents prestataires de services en santé mentale et permettra d’offrir des services culturellement adaptés aux personnes nouvellement arrivées et aux réfugié-e-s syrien-ne-s qui s’établissent au Canada.

Je tente d’inscrire mon cheminement professionnel dans la tradition ancestrale de l’apprentissage par la transmission des connaissances d’une femme à une autre. Mon rôle n’est pas de diriger, mais de faciliter cette transmission. Je m’efforce de me servir de mes connaissances pour renforcer le pouvoir d’agir des membres de l’équipe que je dirige, afin qu’elles puissent à leur tour renforcer le pouvoir d’agir des femmes pour qui elles travaillent. J’ai bon espoir que ces femmes immigrantes et leurs collègues prendront leur place dans la chaîne d’apprentissage et inspireront les femmes qui les suivront.

L’Institut pour le leadership de la Fondation canadienne des femmes est un projet pilote de trois ans lancé en 2012 en partenariat avec le Coady Insitute de l’Université St. Francis Xavier à Antigonish, Nouvelle-Écosse. L’Institut pour le leadership permet aux femmes de la relève et aux femmes en cours de carrière dans le secteur sans but lucratif partout au Canada de renforcer leurs capacités.

L’histoire de Yoyo

« Confiantes, un message qu’il faut répandre. »

Yoyo Benchetrit trouvait que les t-shirts pour filles affichaient trop souvent des messages débilitants. C’est pourquoi elle a en a créé un bien à son image. Propos recueillis par Jessica Howard pour le numéro Automne 2015 du magazine Dit Elle.

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L’histoire de Yoyo

« Confiantes, un message qu’il faut répandre. »

Yoyo Benchetrit trouvait que les t-shirts pour filles affichaient trop souvent des messages débilitants. C’est pourquoi elle a en a créé un bien à son image. Propos recueillis par Jessica Howard pour le numéro Automne 2015 du magazine Dit Elle.

Dans l’annuaire de notre école, j’ai écrit un texte sur madame Jones, l’une de nos enseignantes. Celle-ci m’a appris à me sentir bien dans ma peau et à ne pas cacher les choses que je sais faire. Dans son cours, nous avions conçu des t-shirts autour du thème de la gratitude. Elle m’a dit que le fait de me voir porter le mien fièrement l’avait inspirée; elle voulait inciter tous les élèves à se sentir fiers de ce qu’ils sont.
 
Madame Jones a eu l’idée de monter un atelier intitulé As We Are [Telles que nous sommes], auquel j’ai participé. Ce fut une expérience magnifique. Nous avons commencé par examiner des t-shirts affichant des messages négatifs sur les femmes. Sur l’un d’eux, on pouvait lire par exemple : « Allergique à l’algèbre ». Je le trouvais offensant parce que j’aime beaucoup les maths. L’idée de voir une fille le porter en pensant qu’elle ne peut pas être bonne en maths, parce que ce serait une matière « pour les gars », me dérange. Nous avons discuté de ce genre de messages, puis nous avons tenté d’en trouver des plus positifs. Nous avons parlé des femmes que nous considérons comme des leaders et que nous trouvons inspirantes. Un grand nombre d’athlètes féminines sont de bons modèles à mes yeux, Serena Williams, par exemple. Par son attitude, elle démontre que rien ne peut l’arrêter. Nous avons aussi parlé des membres de notre famille qui nous inspirent. J’ai nommé ma mère; elle a de l’assurance, elle travaille fort, elle nous appuie et elle défend les droits des femmes.
 
Après la discussion, nous avons créé nos propres t-shirts. Sur le mien, je voulais décrire ce que les femmes représentent pour moi : des personnes confiantes, des leaders qui cherchent toujours à se dépasser; douées pour la musique, athlétiques, intelligentes, fières. J’ai inscrit le mot « confiante » deux fois, parce que c’est un message qu’il faut absolument répandre.
 
À mon avis, beaucoup de filles sont dénigrées en raison de leur sexe. Bien des gens disent qu’il y a deux catégories, les femmes et les hommes, et qu’il nous faut obéir à certaines règles, comme être jolie ou rester mince. Cela a un effet plutôt négatif sur la façon dont les filles pensent. Elles ne font pas autant d’efforts qu’elles le pourraient, parce qu’elles se disent des choses comme : « Je ne peux pas jouer au football parce qu’une fille, ça ne joue pas au football, alors pourquoi se donner la peine? »
 
Je porte habituellement mon t-shirt pour dormir, car il me sert de rappel avant d’aller au lit. J’en ai imprimé trois exemplaires et mon frère m’a dit que lui aussi en voulait un. Il a sept ans. J’espère que ce projet va faire le tour du monde et que plein de filles vont se tenir debout et montrer qu’elles sont fières. Et qu’elles essaieront à leur tour d’être des modèles pour d’autres enfants.
 
Subventionné par la Fondation canadienne des femmes, le projet As We Are incite les filles de 9 à 13 ans à contester les stéréotypes et à concevoir des t-shirts affichant des messages positifs. Des modèles sélectionnés seront vendus pour soutenir les programmes de la Fondation. Surveillez le site asweare.ca pour connaître tous les détails.

L’histoire d’Amar

« Je suis maintenant fière d’être une fille. »

À 12 ans, Amar manquait de confiance et avait l’impression d’être « juste une fille ». Puis elle a découvert un programme qui allait changer sa vie pour toujours. Propos recueillis par Diane Hill pour le numéro Automne 2014 du magazine SHE.

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L’histoire d’Amar

« Je suis maintenant fière d’être une fille. »

À 12 ans, Amar manquait de confiance et avait l’impression d’être « juste une fille ». Puis elle a découvert un programme qui allait changer sa vie pour toujours. Propos recueillis par Diane Hill pour le numéro Automne 2014 du magazine SHE.

Le programme « SOMETHING FOR THE GIRLZ » est prodigieux. Il a fait des merveilles pour moi, et je suis persuadée que c’est aussi le cas pour un grand nombre de participantes, sinon toutes.

Avant de m’inscrire à ce programme, je n’étais qu’une fille ordinaire. J’étais très peu engagée. J’avais une vie du style « maison, télé, devoirs, école, etc. ». Ce n’était pas très amusant.

Au début du secondaire, je me suis rendu compte que la plupart des gens ont des passe-temps, des activités auxquelles ils se consacrent et où ils cherchent à exceller. J’avais des amies qui jouaient au soccer depuis qu’elles pouvaient marcher. Mais pour moi, c’était différent. En éducation physique, j’étais généralement très malhabile. Je ne faisais pas de sport et ne participais à aucun club à l’école. J’aurais bien voulu, mais j’avais l’impression de ne pas être assez bonne parce que je n’étais ni athlétique, ni artistique. Je croyais que je ne serais peut-être jamais bonne à quoi que ce soit. Je m’inquiétais toujours de ce que les autres pensaient de moi, et j’avais le sentiment de ne pas être la bienvenue. Je crois que je cherchais quelque chose qui serait mon truc à moi. Je cherchais, et je ne m’en rendais pas vraiment compte.

Je me souviens d’avoir entendu parler de ce programme et de m’être dit : « OK, je ne m’inscris pas à celui-là, non plus ». Mais un jour, la directrice du programme distribuait des dépliants, j’ai commencé à parler avec elle et notre conversation m’a incitée à y aller. Au début, je croyais que j’allais perdre mon temps.

« Something for the girlz » m’a complètement transformée et m’a aidée à devenir la personne que j’ai toujours voulu être. Maintenant, j’adore le sport, j’ai joint des clubs et des groupes, j’ai rencontré des personnes de différents horizons. J’ai maintenant différents cercles d’ami-e-s, comme il se doit.

Je ne me préoccupe plus de ce que les autres pensent de moi, parce que je sais que je suis la seule personne qu’il me faut impressionner. Je me suis débarrassée de mon humeur taciturne et nerveuse, parce que je suis maintenant une personne joviale. J’ai toujours su que cette personne était quelque part à l’intérieur, mais je ne savais pas comment la mettre à l’avant-plan. Grâce à « Something for the girlz », j’ai trouvé ma vraie personnalité et je peux rayonner telle que je suis. Le programme a fait des miracles pour moi et il m’aide à réaliser mes rêves. J’ai appris tellement de nouvelles choses! J’ai acquis une foule de connaissances scientifiques et trouvé les moyens d’établir des relations saines avec mes parents et ami-e-s.

Plus important encore, j’ai appris qu’être une fille, c’est spécial. Je ne suis pas seulement une fille, je suis une fille qui a le pouvoir de changer le monde. Je suis fière d’être qui je suis. Je suis fière d’être une fille.

Le programme « Something for the girlz », offert par Thorncliffe Neighbourhood Office, a reçu un appui financier de la Fondation canadienne des femmes. Amar a aussi été bénévole dans le programme.

L’histoire de Michelle

« Ma soif d’autonomie et mes forces sont revenues. »

Michelle Lochan était passionnée par l’idée de lancer sa propre entreprise, mais comme elle élevait seule ses cinq enfants, son parcours était parsemé d’embûches. Puis elle a obtenu l’aide dont elle avait besoin. Propos recueillis par Diane Hill pour le numéro Printemps 2014 du magazine Dit Elle.

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L’histoire de Michelle

« Ma soif d’autonomie et mes forces sont revenues. »

Michelle Lochan était passionnée par l’idée de lancer sa propre entreprise, mais comme elle élevait seule ses cinq enfants, son parcours était parsemé d’embûches. Puis elle a obtenu l’aide dont elle avait besoin. Propos recueillis par Diane Hill pour le numéro Printemps 2014 du magazine Dit Elle.

Quand vous aidez une femme à lancer sa propre entreprise, cela a aussi des répercussions sur ses enfants. Ils veulent être aussi autonomes que leur mère et apprennent à croire en leurs propres décisions. Quand une femme accroît son autonomie financière, cela signifie qu’elle peut aussi quitter un mari violent plus facilement, car elle a un revenu bien à elle. J’en sais quelque chose.

Enfant, j’ai été témoin d’actes de violence. C’est à partir de ce modèle que j’ai appris à communiquer dans un mariage, et c’est la raison pour laquelle j’ai accepté les mauvais traitements de mon conjoint. Souvent, mon mari prenait des décisions d’ordre financier sans me consulter. Chaque fois que nous arrivions à économiser de l’argent, il s’en servait pour assouvir une autre de ses envies impulsives. Il prenait ma carte bancaire sans me le demander et faisait fondre ma marge de crédit. Cette situation entraînait de nombreuses disputes. Quand j’ai compris que cela faisait peur aux enfants, j’ai cessé d’argumenter. Mon amour-propre était en chute libre, j’ai pris beaucoup de poids et je n’avais personne à qui parler. Il m’était extrêmement difficile de trouver le courage de m’en aller, mais la relation était impossible à vivre.

Ma famille a critiqué ma décision de quitter mon mari et de renoncer à ce qu’elle considérait comme une bonne sécurité financière, d’autant plus que j’avais appris que j’attendais des jumeaux.

Donc j’étais enceinte, j’avais entrepris des procédures de divorce et j’étais sur le point de devenir monoparentale. Ce n’était pas comme ça que j’avais imaginé ma vie. Mais à l’intérieur de moi, je sentais revenir ma soif d’autonomie et mes forces. J’ai même ressorti un projet d’entreprise que j’avais élaboré antérieurement.

Nés prématurément, mes jumeaux ont dû rester deux mois à l’hôpital. Une fois arrivés à la maison, ils ont nécessité des soins constants, et je savais que je n’aurais pas la capacité de m’occuper en même temps d’une entreprise. J’avais l’impression d’être sur le point de tout abandonner. C’était une période très difficile pour moi sur les plans mental, émotionnel et financier. Je me sentais prise au piège.

Quand j’ai appris que j’avais été acceptée dans le programme Microskills, j’ai éclaté en sanglots. Le programme était exactement ce dont j’avais besoin. Il m’a permis de renforcer mon sentiment d’estime de soi et mon sentiment d’autonomie, et de retomber sur mes pieds. J’ai préparé un plan d’affaires solide que j’ai présenté à un panel de professionnels qui m’ont donné d’excellents conseils. J’ai travaillé individuellement avec une accompagnatrice très inspirante. Après avoir terminé le programme, j’ai soumis des rapports périodiques. Mon statut de travailleuse autonome m’a procuré la liberté dont j’avais besoin pour guérir tout en faisant ce que j’adorais. Puis, grâce aux connaissances et aux compétences que j’avais acquises dans le secteur privé, j’ai pu lancer un service de développement d’entreprise pour les femmes entrepreneures, qui s’occupe surtout de planification d’entreprise et de marketing. 

Un grand nombre de femmes, notamment celles qui vivent avec un faible revenu, croient que le travail autonome est hors de leur portée parce qu’il nécessite un important investissement de départ. Mais je leur enseigne les techniques qui ont fonctionné pour moi. Lorsqu’elles s’écrient « Ah-ah! » et qu’elles comprennent comment ça peut fonctionner pour elles aussi, cela me rend vraiment heureuse.

Ce n’est pas facile. Mais ma passion est de travailler avec des femmes entrepreneures afin de valider et de consolider leur pouvoir et leurs choix. Et quand ce type de passion brûle en vous, elle est là pour rester.

Le programme Women’s Opportunities in Business, Trades and Technology, offert par le MicroSkills Community Development Centre, a reçu un financement de la Fondation canadienne des femmes.

Elizabeth Small

L’histoire d’Elizabeth

Après avoir suivi une formation en menuiserie, Elizabeth Small s’est bâti un nouvel avenir en mettant sur pied son entreprise de rénovation. Ce faisant, elle a tracé une voie pour d’autres femmes dans le secteur des métiers. Propos recueillis par Jessica Howard pour le numéro Automne 2015 du magazine Dit Elle.

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L’histoire d’Elizabeth

Elizabeth Small

Après avoir suivi une formation en menuiserie, Elizabeth Small s’est bâti un nouvel avenir en mettant sur pied son entreprise de rénovation. Ce faisant, elle a tracé une voie pour d’autres femmes dans le secteur des métiers. Propos recueillis par Jessica Howard pour le numéro Automne 2015 du magazine Dit Elle.

Lorsque j’ai terminé mes études, je ne savais pas vraiment quoi faire de ma vie. L’idée d’exercer un métier venait en tout dernier. Après une série de petits boulots qui ne m’intéressaient pas vraiment, un ami de la famille m’a proposé de participer à l’achat d’une propriété dans le but de la rénover et de la louer. J’ai alors commencé à apprendre les rudiments de la rénovation, ce qui m’a amenée à travailler ensuite pour un entrepreneur en construction. Je me suis rendu compte, lors du dernier chantier sur lequel j’ai travaillé, que j’apprenais tout de travers. On m’avait demandé d’installer une douche et c’était si mal fait qu’on a dû l’arracher et recommencer à neuf. 
 
À l’évidence, je n’étais pas adéquatement formée. Si j’ai présenté une demande au programme Enhanced General Carpentry for Women [cours de menuiserie avancée pour femmes], c’est que je voulais acquérir les bonnes techniques et progresser dans ma carrière. Dans le secteur des métiers, le travail repose sur l’ancienneté; je n’avais pas l’intention de passer cinq ans tout au bas de l’échelle. Lorsqu’on m’a appelée pour m’annoncer que j’étais acceptée dans le cours, j’ai cru que j’avais décroché la lune.
 
L’instructeur me taquinait tout le temps parce que « Vraiment? » était devenue mon expression préférée. Tout ce qu’il nous enseignait était si différent de ce que j’avais appris jusque-là! Je débordais d’enthousiasme, car je comprenais enfin ce qui n’allait pas et pourquoi. Je m’étais imaginé qu’une fois le cours terminé, j’irais travailler quelque part comme employée afin de perfectionner mes connaissances.

Or une ancienne collègue entra en contact avec moi pour me demander si j’accepterais de construire son garage. J’étudiai les plans et décidai que j’étais en mesure de le réaliser. Je proposai à deux autres femmes qui suivaient le programme avec moi de m’aider. Si je n’avais pas pris ce contrat, je n’aurais pas fondé ma propre société, Arriba Constructing. Depuis ce temps, le bouche-à-oreille a fait le reste. Je n’ai jamais eu à promouvoir mes services.
 
Je me suis rendu compte d’une chose : la maison est généralement un lieu identifié à la femme; c’est elle qui la décore, c’est aussi elle qui la meuble. Lorsqu’elle songe à embaucher un entrepreneur, il lui semble naturel d’imaginer une femme dans ce rôle. Je pense que le fait d’être une femme m’a permis d’obtenir beaucoup de contrats. Et je ne vais pas m’en plaindre, bien au contraire!

J’embauche des diplômées du programme parce que cela facilite mon travail par un facteur de dix; en effet, je n’ai pas à corriger leurs mauvaises habitudes. Par ailleurs, mon équipe est mixte, car je veux démontrer que les femmes et les hommes sont capables de travailler ensemble. Il est parfois difficile pour une femme de trouver du travail dans notre secteur; il n’est pas facile de convaincre les hommes de nous donner une chance.

Chaque année, je retourne au centre de formation pour parler aux nouvelles étudiantes. Voici le conseil que je donne à celles qui veulent intégrer un corps de métier : exercez-le comme s’il s’agissait de n’importe quelle autre activité. Si vous rêviez de devenir une vedette de rock, vous ne passeriez pas votre temps à vous dire que c’est un univers principalement masculin. Vous seriez en train de gratter votre guitare et de chanter pour montrer ce que vous avez dans les tripes. C’est exactement la même chose dans notre profession.
 
Le cours « Enhanced General Carpentry for Women », offert par le Centre for Skills Development and Training, a reçu un appui financier de la Fondation canadienne des femmes.

Elizabeth Correia

L’histoire d’Elizabeth

« Je voulais être une inspiration pour les femmes victimes de violence et abandonnées. »

À l’adolescence, Elizabeth Correia a été victime de maltraitance grave. Aujourd’hui, elle aide des femmes et des filles à renforcer leur autonomie. Propos recueillis par Anqi Shen pour le numéro Printemps 2015 du magazine Dit Elle.

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L’histoire d’Elizabeth

Elizabeth Correia

« Je voulais être une inspiration pour les femmes victimes de violence et abandonnées. »

À l’adolescence, Elizabeth Correia a été victime de maltraitance grave. Aujourd’hui, elle aide des femmes et des filles à renforcer leur autonomie. Propos recueillis par Anqi Shen pour le numéro Printemps 2015 du magazine Dit Elle.

DÈS LE PREMIER JOUR du programme d’aide aux entrepreneures, j’ai su que la vie m’avait fait un cadeau. Le fait d’avoir entendu deux filles en parler à l’église n’était pas le fruit du hasard. Je traversais une période de bouleversements et j’étais ouverte à la nouveauté. J’avais eu l’idée de fonder une entreprise qui aurait pour vocation de renforcer l’autonomie des femmes et des filles, mais je l’avais mis en veilleuse depuis trop longtemps.
 
Je suis née et j’ai grandi à Toronto au sein d’un foyer où régnait la violence. Mon père était alcoolique et il nous infligeait des sévices sexuels, physiques et psychologiques. Lorsque j’ai eu 14 ans, ma sœur et moi avons été placées en famille d’accueil. 
 
À l’âge de 15 ans, j’ai commencé à sortir avec un garçon qui était extrêmement violent à mon endroit. J’ai trouvé le courage nécessaire pour le quitter au bout de cinq ans. J’ai dû attendre jusqu’à la trentaine avant de pouvoir dire : « La page est tournée. Ma vie est stable maintenant, je suis mariée, j’ai un nouveau bébé. »
 
Tout semblait parfait jusqu’à ce que ma bulle éclate : j’ai découvert que mon mari avait commis l’adultère. Cette trahison a ravivé la souffrance familière que j’associais aux hommes. Il me fallait partir, mais je n’avais nulle part où aller. J’ai trouvé refuge dans une maison d’hébergement avec mon fils de 17 ans et mon petit garçon d’un an.
 
Mon séjour là-bas m’a ouvert les yeux. Certaines femmes n’avaient ni argent, ni travail ou famille. La plupart avaient eu un conjoint violent. J’ai oublié mes propres problèmes. J’avais un but plus important : prêter ma voix aux personnes sans voix. Je voulais être une inspiration pour les femmes victimes de violence et abandonnées. Mais je ne savais pas par où commencer.

Grâce au programme d’aide aux entrepreneures, j’ai appris à enregistrer une entreprise et à comprendre les notions de flux de trésorerie et de projection. Lorsque j’ai terminé la formation, j’avais en main un plan d’affaires professionnel bien conçu et tant de choses encore. J’ai bénéficié d’un soutien affectif, psychologique et spirituel qui m’a grandement aidée à reprendre ma vie en main. J’ai obtenu mon diplôme avec le sentiment que je pouvais désormais prendre mon envol.

J’ai démarré mon entreprise, que j’ai baptisée D.e.v.a. In You Group. J’anime des ateliers de développement personnel qui sont destinés aux jeunes. Un grand nombre de jeunes risquent d’abandonner leurs études ou sont empêtrés dans des réseaux de criminalité juvénile. Ce sont des mères adolescentes dans bien des cas. De temps à autre, je retourne chez Microskills pour parler aux nouvelles recrues.

De plus, je fais la tournée des écoles secondaires et je raconte mon histoire. Elle touche les jeunes, parce qu’ils sont nombreux à vivre une situation semblable ou à l’avoir connue.
 
Je leur dis : « On ne juge pas un leader au nombre de personnes qu’elle ou il dirige, mais au nombre de personnes à qui elle ou il rend service. » Chaque fois que je prononce cette phrase, je constate qu’elle trouve chez les jeunes un véritable écho.
  
Le programme Business Support Program for Women Entrepreneurs, offert par le Community MicroSkills Development Centre, a reçu un appui financier de la Fondation canadienne des femmes.

L’histoire de Shaneen

« J’ai beaucoup appris sur les moyens de me défendre toute seule. »

À l’école secondaire, Shaneen Cotterell s’est inscrite à ReAct: Respect in Action, un programme de prévention de la violence. Propos recueillis par Jessica Howard pour le numéro Printemps 2016 du magazine Dit Elle.

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L’histoire de Shaneen

« J’ai beaucoup appris sur les moyens de me défendre toute seule. »

À l’école secondaire, Shaneen Cotterell s’est inscrite à ReAct: Respect in Action, un programme de prévention de la violence. Propos recueillis par Jessica Howard pour le numéro Printemps 2016 du magazine Dit Elle.

En 11e année, ma prof de science sociale m’a suggéré de jeter un coup d’œil au programme parascolaire ReAct parce qu’elle savait que je m’intéressais aux enjeux que ce programme explore. Lorsque j’ai vu que le programme abordait des questions comme l’oppression, les stéréotypes de genre, les mauvais traitements et les relations saines, je m’y suis inscrite et je suis restée impliquée tout au long de la 11e et de la 12e (NDT : équivalent du secondaire 5 et de la première année du CEGEP).

Je me souviens nettement de la séance où j’ai commencé à comprendre comment différents systèmes contribuent à maintenir l’oppression, que celle-ci soit fondée sur la race ou le genre. C’était une sorte de signal d’alarme, et je me suis sentie un peu désemparée. Je me disais, « Comment peut-on changer tout ça? Comment peut-on renverser tout un système? »

L’animatrice nous a montré comment nous pouvions commencer par déconstruire les stéréotypes et sensibiliser les personnes qui nous entourent. J’ai beaucoup appris sur les moyens de me défendre toute seule et de combattre les stéréotypes. Il suffit d’être la personne qu’on est vraiment : on peut très bien aimer le maquillage et aussi aimer faire du vélo de montagne dans la boue. Ça n’est pas vraiment important.

Nous n’abordions pas uniquement les stéréotypes de genre concernant les femmes; nous parlions aussi d’hypermasculinité et du fait qu’il est traditionnellement mal vu pour les garçons d’exprimer des émotions, de l’amour ou de l’affection. Il y avait des garçons dans le programme qui disaient : « c’est vrai, j’ai des amis qui ont l’impression de devoir réagir de manière agressive à certaines situations », ou qui ont peur de se faire traiter de certains noms. Ils admettaient qu’il existe des stéréotypes pour les hommes, et c’était plutôt fantastique de les voir s’ouvrir ainsi.

Je crois que l’efficacité du programme ReAct s’explique en partie par son aspect interactif. Chaque semaine, nous faisions quelque chose de différent : composer des poèmes, regarder une vidéo, organiser un débat, etc. Lorsque nous abordions la question des relations saines, nous regardions des vidéoclips qui représentaient des relations abusives, et ça nous aidait vraiment à démarrer la discussion.

Après deux ans dans le programme, mon intérêt pour la justice sociale ne faisait que grandir. J’ai finalement décroché un emploi d’été avec ReAct, à faire de la recherche pour les ateliers et accomplir d’autres tâches connexes. Cette expérience m’a permis de sortir de ma coquille, d’apprendre à animer des activités et à devenir une leader.

J’ai eu la chance de voir comment le programme fonctionne en coulisse, d’observer comment les jeunes interagissent positivement et de constater comment le programme leur ouvre les yeux sur certaines choses, de la même manière que mes yeux ont été ouverts quand j’ai participé au programme. C’est une chose d’en faire l’expérience soi-même, mais de découvrir comment la magie opère, c’est vraiment cool.

En travaillant là, j’ai aussi eu l’occasion de parler à de nombreuses personnes qui s’efforcent de transformer le monde pour le mieux. Ces rencontres m’ont donné le goût de choisir une carrière dans ce domaine, peut-être en travail social ou en sociologie. ReAct a été une extraordinaire occasion d’apprentissage pour moi.

Le programme « ReAct: Respect in Action », offert par METRAC (Metropolitan Action Committee on Violence AgainstWomen and Children), a reçu un appui financier de la Fondation canadienne des femmes.

Christopher Rout

L’histoire de Christopher

« Ma mère est la raison pour laquelle je m’exprime aujourd’hui haut et fort contre la violence conjugale. »

En l’honneur de sa mère, Christopher Rout livre son témoignage afin de contribuer à mettre fin à la violence. Propos recueillis par Diane Hill pour le numéro Printemps 2014 du magazine Dit Elle.

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L’histoire de Christopher

Christopher Rout

« Ma mère est la raison pour laquelle je m’exprime aujourd’hui haut et fort contre la violence conjugale. »

En l’honneur de sa mère, Christopher Rout livre son témoignage afin de contribuer à mettre fin à la violence. Propos recueillis par Diane Hill pour le numéro Printemps 2014 du magazine Dit Elle.

AVERTISSEMENT : Cette histoire contient des éléments qui pourraient déranger certaines personnes. 

Mon frère et moi avons été élevés par ma mère, qui était monoparentale. Pendant des années, nous avons tiré le diable par la queue, vécu dans des appartements minuscules et compté sur les dons pour pouvoir manger, pour les cadeaux de Noël et les vêtements, etc. Pendant un moment, nous avons même vécu tous les trois dans une pièce d’une maison de chambres! Mais nous avons toujours eu beaucoup d’amour. Ma mère faisait l’impossible pour que mon frère et moi soyons heureux, et que nous sachions à quel point elle nous aimait. 
 
Lorsque nous avons été assez grands, elle est retournée à l’école pour réaliser son rêve de devenir infirmière. Puis elle a rencontré un homme. Il semblait gentil, occupait un emploi et n’avait aucune objection à vivre avec mon frère et moi. Elle était heureuse et nous étions heureux pour elle. Mais peu de temps après leur mariage, il a commencé à montrer des signes de jalousie qui n’ont pas tardé à se transformer en colère. 
 
Un soir, je suis descendu au salon et j’ai aperçu ma mère recroquevillée dans un coin, le visage ensanglanté et tuméfié. Personne ne devrait jamais voir sa mère dans cet état. Il l’avait battue parce qu’elle avait dit « bonjour » à un autre homme. 

Les hommes violents essaient toujours de manipuler les femmes pour les inciter à revenir en leur promettant qu’ils vont « changer et s’améliorer », et ma mère y a cru pendant un certain temps. Mais elle a finalement pris son courage à deux mains et elle a décidé de le quitter. Un jour que mon frère et moi n’étions pas à la maison, elle lui a demandé le divorce en lui disant que rien ne pourrait la faire changer d’idée. 

Il s’est mis à lui donner des coups de poing. Elle a gravi les escaliers à toute vitesse et il l’a suivie, l’a empoignée et l’a projetée par terre, puis l’a étranglée jusqu’à ce qu’elle rende l’âme. Il est ensuite retourné au rez-de-chaussée et a bu une bière avant d’appeler la police. Il est vraiment resté assis là à boire une bière pendant que ma mère gisait morte dans la chambre à coucher! Il n’a jamais essayé de la ranimer, n’a même pas appelé l’ambulance, rien. 
 
Au cours du procès, nous avons appris que ma mère s’était souvent rendue à Denise House, une maison d’hébergement pour femmes violentées. Certaines membres du personnel sont venues à la cour pour appuyer ma mère et pour nous aider mon frère et moi. Plus tard, j’ai siégé à leur conseil d’administration afin de donner en retour, après tout ce qu’elles avaient fait pour nous. 
 
Il a été trouvé coupable de meurtre au second degré et condamné à la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant quinze ans. Il a servi cette sentence et a été récemment remis en liberté. 
 
Mon frère et moi avons été forcés de grandir beaucoup trop vite, mais grâce aux belles leçons que nous avait transmises ma mère, nous avons survécu. J’ai reçu un diagnostic de trouble de stress post-traumatique et de dépression, et j’ai suivi des traitements pendant plus de cinq ans. 
 
Il ne se passe pas une journée sans que moi et mon frère ne pensions à elle, et nous pleurons et souffrons encore. Ma mère a été privée de la vie qu’elle aurait pu avoir, et elle a vécu une existence qu’aucune femme ne devrait vivre. 
 
Ma mère est la raison pour laquelle je m’exprime aujourd’hui haut et fort contre la violence conjugale. Elle est toujours ma mère. 
  
Denise House est située à Oshawa, Ontario, et a reçu un financement de la campagne annuelle de la Fondation canadienne des femmes pour mettre fin à la violence faite aux femmes. 

Ben Lord

L’histoire de Ben

« Tout le monde devrait avoir accès à ces programmes. »

Au secondaire, Ben Lord a participé à Vague par vague, un programme de prévention de la violence qui continue d’avoir une incidence dans toutes les sphères de sa vie. Propos recueillis par Diane Hill pour le numéro Printemps 2015 du magazine Dit Elle.

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L’histoire de Ben

Ben Lord

« Tout le monde devrait avoir accès à ces programmes. »

Au secondaire, Ben Lord a participé à Vague par vague, un programme de prévention de la violence qui continue d’avoir une incidence dans toutes les sphères de sa vie. Propos recueillis par Diane Hill pour le numéro Printemps 2015 du magazine Dit Elle.

À l’école secondaire que je fréquentais, des élèves qui avaient suivi le programme Vague par vague ont monté une pièce de théâtre intitulée The Many Faces of Abuse* [Les multiples visages de la violence]. J’ai assisté à la pièce en 9e année et j'en ai eu des frissons. L'année suivante, j'ai décidé de m'inscrire au programme. Après avoir obtenu mon diplôme, je suis moi-même devenu animateur.
 
Cette formation m’avait ouvert les yeux sur des choses auxquelles je n'avais jamais pensé auparavant, comme le fait qu’un grand nombre de problèmes qui surviennent dans les relations ont un rapport avec notre sexe.
 
On enseigne aux hommes à être agressifs. Est-ce que c’est utile dans les relations? Pas vraiment. La plupart des femmes apprennent à être passives et à faire preuve de retenue. Cette situation crée des assises propices à l’exercice de la violence dans les relations intimes. En éduquant à la fois les hommes et les femmes, nous contribuons à démolir ces bases.
 
Je pense encore constamment à ce qu’on m’a appris. Je me fie sur mes propres signaux d'avertissement, par exemple, lorsque je ne suis pas honnête à l’égard de moi-même dans une relation ou que quelque chose me fait du mal. Parfois, lorsque j’observe d’autres personnes et les rapports qu’elles entretiennent, je ne peux m’empêcher de penser : « Est-ce que vous êtes bien là dedans? » Ça me fend le cœur.
 
Dans le cadre du programme, nous avions parlé de l’image stéréotypée de la femme dans les médias. Je n’en avais jamais pris conscience auparavant; c’est comme si une ampoule s’était allumée brusquement. Désormais, je ne peux plus ouvrir un magazine sans remarquer l’omniprésence du sexisme. Cela me laisse sans voix. Le phénomène est si répandu que c’en est déconcertant. Nous nous contentons bêtement de consommer toute cette imagerie produite par le système patriarcal; c’est très néfaste pour tout le monde. Ce problème ne concerne pas les femmes uniquement.
 
Je suis très heureux, en tant qu’homme, de siéger au Comité consultatif national sur les relations saines à l’adolescence mis sur pied par la Fondation canadienne des femmes. Certains me disent : « Ben, nous avons de la chance que tu sois là. » Pour dire vrai, je ne sais pas qui d’entre nous a le plus de chance, car on me donne ici l’occasion de côtoyer des femmes et des hommes formidables et d’ouvrir grand les yeux sur tous les enjeux. Je suis très fier de faire partie d’une organisation qui s’emploie à les faire connaître au plus grand nombre.
 
Ces expériences ont influencé mon choix de carrière. Récemment, j’ai été admis à l’École de droit de l’Université du Nouveau-Brunswick; j’aimerais devenir un avocat spécialisé en droit du travail. Je considère qu’il est inconcevable de vivre dans un monde où les femmes ne gagnent que 70 % du salaire des hommes — je pense que c’est absolument épouvantable. Je crois en l’équité salariale. Je veux travailler à faire évoluer les choses.
 
À l’époque, je m’étais inscrit au programme Vague par vague par pur hasard, mais il faudrait le rendre accessible à tous et à toutes. Je voudrais que les générations futures grandissent dans un monde différent du nôtre. J’aspire à l’égalité. Nous devons être solidaires et lutter ensemble pour des lendemains meilleurs.
 
Le programme Vague par vague, offert par l’Alliance pro jeunesse au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard, a reçu un appui financier de la Fondation canadienne des femmes.
 
*Cette pièce illustre les différentes formes que peut prendre la violence dans les relations intimes (verbale, émotionnelle, physique, sexuelle). Elle montre aussi comment la violence peut s’intensifier avec le temps et que les victimes ont souvent tendance à se sentir responsables de ce qui leur arrive.

Haydee Windney

L’histoire de Haydee

« J’avais deux options : m’en aller ou
devenir une statistique. »

Quand Haydee Windey a aperçu son sapin de Noël tout démembré sur sa pelouse, elle a su qu’elle avait deux options : s’en aller ou devenir une statistique. Propos recueillis par Diane Hill pour le numéro Automne 2013 du magazine Dit Elle.

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L’histoire de Haydee

Women sitting by a tree

« J’avais deux options : m’en aller ou
devenir une statistique. »

Quand Haydee Windey a aperçu son sapin de Noël tout démembré sur sa pelouse, elle a su qu’elle avait deux options : s’en aller ou devenir une statistique. Propos recueillis par Diane Hill pour le numéro Automne 2013 du magazine Dit Elle.

Quand j’ai rencontré mon ex-mari, il était très charmant, mais lorsque nous avons emménagé ensemble, il est devenu de plus en plus contrôlant. J’avais l’impression de vivre dans un camp militaire.

Nous vivions en Argentine, où je suis née, et il était Canadien. Nous sommes revenus vivre ici parce que mon pays a sombré dans une terrible crise économique qui a entraîné l’effondrement de toute la société. J’espérais que les choses iraient mieux au Canada, mais elles ont empiré. Chaque jour, à mon retour du travail, je me sentais comme une prisonnière. Il fracassait de la vaisselle, lançait des objets, criait, menaçait. Il n’y avait pas moyen de l’arrêter. Je perdais courage et ma passion pour la vie, à un point tel que je ne me reconnaissais même plus.

Le matin de la veille de Noël, ma fille et moi nous sommes précipitées à la fenêtre pour admirer la première chute de neige dans notre jardin, un moment que nous espérions magique. Mais notre sapin de Noël avait été lancé sur la pelouse, et ses branches jonchaient le sol comme autant d’enfants perdus. Les ailes de l’ange de cristal s’étaient brisées, et les lutins du père Noël n’avaient plus de tête. Tout était soit enseveli sous la neige, soit brisé en mille morceaux. J’ai su alors que j’avais deux choix : m’en aller ou devenir une statistique. J’imaginais la manchette : « Une mère de famille de Burnaby et sa fille trouvées mortes. » Je comprends maintenant qu’il aurait pu nous tuer à tout moment. J’ai quitté la maison avec ma fille, en emportant seulement une petite valise et quelques photos de famille.

Nous avons dormi côte à côte sur le plancher d’un appartement vide, situé dans un sous-sol. Ma fille me chuchotait à l’oreille : « Tu es mon héroïne, je sais qu’on va y arriver! » C’est grâce aux paroles de ma fille et à sa confiance que j’ai pu continuer. Mais je me sentais responsable et j’avais terriblement honte. C’était comme si j’étais seule sur un petit radeau perdu au milieu d’un sombre océan. Heureusement, à la Dixon Transition House, ma conseillère me racontait l’histoire d’autres femmes qui avaient réussi à s’en sortir, et j’avais l’impression d’apercevoir la lumière d’un phare.

Lentement mais sûrement, notre liberté a fait jaillir un espoir nouveau dans nos cœurs. La GRC assurait notre sécurité. Nous avons meublé notre appartement et acheté un sapin de Noël bien à nous. J’ai peu à peu commencé à trouver ma voix et à prendre ma vie en main, brisant le cycle de la violence pour moi-même et les futures générations de femmes dans ma famille. Aujourd’hui, ma fille a un mari qui la traite avec respect.

Aujourd’hui, je me suis donné pour mission de travailler à défendre les droits des femmes et des enfants qui sont aux prises avec la violence conjugale. Quand je parle avec des femmes qui vivent à la maison d’hébergement, je suis très émue, car je reconnais chez elles cette même expression qu’avait autrefois mon visage. Pour ma fille et moi, notre détermination et notre force ont joué un rôle crucial. Mais sans l’aide de la communauté, nous n’aurions jamais pu cesser d’être des victimes et vaincre l’adversité.

La Dixon Transition House est située à Burnaby, C.-B. Elle a reçu un appui financier dans le cadre de la campagne annuelle de la Fondation canadienne des femmes pour mettre fin à la violence faite aux femmes.