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L’écart salarial entre hommes et femmes au Canada : les faits

L’écart salarial entre les genres désigne la différence de revenu entre les femmes et les hommes en milieu de travail.

C’est un indicateur largement reconnu de l’inégalité économique des femmes, et il existe sous une forme ou une autre dans tous les pays du monde.

Un rapport publié en 2015 par les Nations Unies s’inquiète des « inégalités persistantes entre les hommes et les femmes » au Canada ainsi que des « importants écarts de rémunération », lesquels touchent de manière disproportionnée les femmes à faible revenu, racisées et autochtones.1

En 2014, des 34 pays membres de l’OCDE, le Canada présentait le 7e plus important écart salarial entre les genres.2 Pour en savoir plus sur les inégalités économiques au Canada, consultez : Les faits concernant les femmes et la pauvreté

Foire aux questions concernant l’écart salarial entre les genres

  • Comment mesure-t-on l’écart salarial?

    L’écart salarial entre les genres peut être mesuré de trois façons différentes :

    • En comparant les revenus annuels des travailleurs et travailleuses à temps partiel et à temps plein. Sur cette base, les travailleuses canadiennes ont gagné en moyenne 66,7 cents pour chaque dollar gagné par un homme en 2011.3 C’est cette mesure qui donne l’écart salarial le plus important, car plus de femmes que d’hommes travaillent à temps partiel, et les personnes qui travaillent à temps partiel gagnent moins que celles qui travaillent à temps plein.
    • En comparant les revenus annuels des travailleuses et travailleurs à temps plein. Sur cette base, en 2014, les travailleuses canadiennes ont gagné en moyenne 74 cents pour chaque dollar gagné par un homme.4
    • En comparant le salaire horaire des hommes et des femmes, y compris les travailleurs et travailleuses à temps partiel. Sur cette base, en 2011, les travailleuses canadiennes ont gagné en moyenne 87 cents pour chaque dollar gagné par un homme.5

    Quelle que soit la mesure employée, l’écart salarial entre les genres est un réel problème.

  • Pourquoi y a-t-il un écart salarial entre les femmes et les hommes?

    Le pourcentage des femmes sur le marché du travail au Canada a augmenté de 42 % à près de 60 % au cours des 30 dernières années.6 Cette augmentation est l’une des transformations sociales les plus spectaculaires observées au cours des cent dernières années. Malheureusement, l’échec des gouvernements et des employeurs à répondre adéquatement à cette nouvelle réalité place les femmes dans une position excessivement désavantageuse.

    L’écart salarial entre les sexes est un phénomène complexe qui dépend d’un ensemble de facteurs.

    D’abord, le travail « traditionnellement féminin » est moins lucratif que le travail « traditionnellement masculin ». Comme le relève une chercheuse : « Les classes professionnelles à majorité féminine sont généralement perçues comme non qualifiées, car les tâches en question sont généralement associées au travail domestique dont les femmes se chargent gratuitement au foyer. »7

    • Ensuite, la plupart des travailleuses occupent des emplois moins bien rémunérés dans des industries où les employé-e-s sont généralement moins bien payés. La gamme des emplois qu’occupent les femmes est moins diversifiée, et ces dernières sont surreprésentées dans les 20 professions les moins bien payées. Environ les deux tiers des femmes sur le marché du travail occupent des emplois dans les secteurs de l’enseignement, des soins de santé, du travail de bureau et administratif, et de la vente.8 Les femmes de 25 à 54 ans représentaient 22 % des travailleurs et travailleuses à temps partiel au Canada en 2009, soit plus du double de la proportion des hommes du même groupe d’âge.9
    • Une autre raison expliquant l’écart salarial est que plus de femmes que d’hommes travaillent à temps partiel.10 Environ 70 % des employ-é-s à temps partiel en 2013 étaient des femmes, une proportion qui s’est maintenue à ce niveau au cours des trente dernières années.11 Les femmes qui travaillent à temps partiel ou occupent des emplois temporaires sont beaucoup moins susceptibles de recevoir une promotion ou des offres de formation que celles qui travaillent à temps plein.12Les femmes travaillent à temps partiel pour diverses raisons, dont le manque d’accès à des services de garde abordables et les lacunes en matière de congés parentaux, combinées à la pression sociale d’assumer la majeure partie des responsabilités domestiques. Ces facteurs rendent les femmes plus susceptibles aux interruptions de travail, ce qui a des effets négatifs sur le revenu.

    L’écart salarial demeure en grande partie inexpliqué et est partiellement dû à la discrimination. On estime qu’entre 10 % et 15 % de l’écart salarial est attribuable à la discrimination fondée sur le genre.13 La discrimination en matière salariale et d’emploi désigne des réalités différentes.

    La Loi sur l’équité salariale exige des employeurs qu’ils garantissent que les hommes et les femmes reçoivent « un salaire égal à travail égal ». La Loi sur l’équité en matière d’emploi exige des employeurs qu’ils suppriment tous les obstacles à la carrière des femmes, des Autochtones, des membres de minorités visibles et des personnes en situation de handicap.

  • L’enjeu de l’écart salarial est-il vraiment si important?

    Selon la méthode choisie pour évaluer l’écart salarial entre les genres, il est possible de calculer la rémunération des femmes cumulée sur toute la durée de leur vie comparée à celle des hommes. Par exemple, en Ontario, où l’écart salarial est de 31,5 %, une femme devrait travailler 14 ans de plus qu’un homme pour atteindre la même rémunération cumulée que lui à l’âge de 65 ans.14

    Bien que 62 % de la population étudiante universitaire de premier cycle au Canada soit composé de femmes, celles-ci ne sont pas nécessairement mieux payées lorsqu’elles intègrent le marché du travail.15 En 2008, les diplômées universitaires gagnaient en moyenne 62 800 $ par année, comparé à 91 800 $ pour les hommes ayant une formation équivalente.16

    S’il est vrai que de nombreuses femmes mènent et réussissent de brillantes carrières, les femmes PDG les plus renommées ont souvent des partenaires qui assument la majeure partie des tâches ménagères et de la garde des enfants.17 Les principales cadres dirigeantes des sociétés du S&P 500 sont encore moins bien payées, en moyenne, que leurs homologues masculins.18

    La capacité de gain réduite des femmes signifie qu’elles sont davantage à risque de tomber dans la pauvreté si elles ont des enfants et se séparent, divorcent ou deviennent veuves. Elles ont plus de difficulté à épargner en vue de leur retraite et sont plus à risque d’être pauvres pendant leur âge d’or. En fait, les femmes de plus de 65 ans sont plus susceptibles que les hommes du même âge de vivre avec un faible revenu.19 Le risque de tomber dans la pauvreté incite certaines femmes à rester dans des relations violentes, en dépit du danger.

    La santé à long terme des femmes est affectée lorsqu’elles doivent travailler à l’extérieur et assumer en même temps la majeure partie du travail domestique. Selon Statistique Canada, les femmes de tous âges sont plus susceptibles que les hommes de décrire leur quotidien comme étant « très » ou « extrêmement » stressant.20

  • Comment éliminer l’écart salarial?

    Il existe certaines pistes de solution pour éliminer l’écart salarial entre les hommes et les femmes :

    • Favoriser l’intégration des femmes dans des professions bien rémunérées.
    • Aider les filles à entreprendre des carrières dans les STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques).
    • Combattre la discrimination systémique, particulièrement dans les domaines professionnels à majorité masculine.
    • Reconnaître les stéréotypes qui renforcent les notions de travail « approprié » aux hommes et aux femmes. Les jeunes femmes, malgré leurs compétences et habiletés, « ont souvent l’impression qu’elles n’ont pas les atouts scolaires ou professionnels nécessaires pour réussir dans certains emplois ».21

    Afin de promouvoir l’égalité économique des femmes, la Fondation canadienne des femmes rassemble des organismes communautaires pour mettre en commun la recherche, les connaissances, les compétences et les pratiques exemplaires en vue d’aider les femmes à faible revenu à sortir de la pauvreté.

    Nous investissons aussi dans des programmes communautaires qui aident les femmes à accroître leur revenu en démarrant une petite entreprise, en apprenant un métier spécialisé ou en travaillant dans le cadre d’un stage en milieu de travail.

    Dans le cadre des programmes que nous finançons, les femmes apprennent à cerner leurs forces et leurs compétences et à s’appuyer sur leurs atouts uniques pour aller de l’avant. Cette approche positive fondée sur les « avoirs » réduit la dépendance à long terme et favorise la confiance en soi des femmes, un outil essentiel pour amorcer le difficile cheminement hors de la pauvreté.

    Nos programmes offrent aux femmes des services sur mesure et opportuns, que leurs priorités immédiates soient de se nourrir ou se loger, d’établir un budget, de fixer des objectifs personnels, d’élaborer un plan d’affaires, d’apprendre un métier ou d’être jumelées avec une mentore. Notre objectif est de les aider à mettre en place une base solide, ce qui comprend un logement stable, des services de garde, des compétences axées sur l’emploi, la confiance en soi, des connaissances financières, un solide réseau social et une famille qui apporte son aide.

    Grâce à cette approche, la Fondation canadienne des femmes a aidé des centaines de femmes de partout au Canada à sortir de la pauvreté. Au fur et à mesure qu’elles progressent dans cette démarche, les femmes contribuent de plus en plus à l’économie du Canada et bâtissent peu à peu un avenir plus sûr pour elles-mêmes et pour leurs enfants.

  1. United Nations Office of the High Commission for Human Rights. “Concluding observations on the sixth periodic report of Canada,” 2015. Available here
  2. OECD. “Gender Wage Gap.” 2014.Available here
  3. “Average female and male earnings.” Statistics Canada, 2011. Available here
  4. Distribution of employment income of individuals by sex and work activity, Canada, provinces, and selected census metropolitan areas, 2014 Available here
  5. “The evolution of Canadian wages over the last three decades.” Statistics Canada, 2011, p. 11. Available here
  6. Employment rates of women and men, 1976 to 2009. “Paid Work.” Statistics Canada, 2010, p. 6. Available here
  7. “Gender Pay Gap FAQs.” Equal Pay Coalition. Available here
  8. Carole Vincent. “Why Do Women Earn Less than Men? A Synthesis of Findings from Canadian Microdata.” Canadian Research Data Centre Network, 2013, p. 10. Available here
  9. Perspectives on Labour and Income: Minimum Wage, p. 18. Available here
  10. Infographic: Women and Paid Work, Status of Women Canada, 2017. Available here
  11. Infographic: Women and Paid Work, Status of Women Canada, 2017. Available here
  12. Carole Vincent. “Why Do Women Earn Less than Men? A Synthesis of Findings from Canadian Microdata.” Canadian Research Data Centre Network, 2013, p. 17. Available here
  13. Pay Equity Commission. “Gender Wage Gap.” Available here
  14. Equal Pay Coalition. “About the Pay Gap.” Available here
  15. Women and Education, University Studies, p. 19. Available here
  16. “Average annual earnings of women and men employed full-year, full-time, by educational attainment.” Statistics Canada, 2008.Available here
  17. Liz Bolshaw. “Halving the Double Burden.” Women at The Top, Financial Times. March 14, 2011. Available here
  18. Cecile Daurat Carol Hymowitz. “Best-Paid Women in S&P 500 Settle for Less Remuneration.” Bloomberg Business. August 13, 2013 Available here
  19. Persons in low income after tax. Statistics Canada, 2011. Available here
  20. “Perceived life stress.” Statistics Canada, 2013. Available here
  21. Vincent, Carole. “Why Do Women Earn Less than Men? A Synthesis of Findings from Canadian Microdata.” Canadian Research Data Centre Network, 2013, p. 4. Available here