Alice

Alice

Après avoir grandi dans une famille où régnait constamment une atmosphère de violence, Alice a décidé de devenir travailleuse sociale en dépit de sa grande passion pour les arts. Compte tenu de son vécu, ce choix n’avait rien d’étonnant, mais elle espérait tout de même un jour lancer sa propre entreprise artistique.

En 1988, lorsqu’elle a terminé ses études à la Lakehead University, à Thunder Bay, elle faisait partie de la première cohorte d’autochtones du Canada à obtenir un diplôme. Elle a décroché un emploi à titre de directrice des traitements dans un centre d’aide aux victimes de violence, pour ensuite se marier et fonder une famille.

Puis son mari l’a abandonnée.

La combinaison d’un travail exigeant et de l’éducation de ses trois petites filles créant chez elle un stress trop élevé, Alice a décidé d’abandonner son emploi et de prendre les moyens de réaliser son rêve.

Elle s’est donc inscrite au programme Gateway, offert par le PARO Centre for Women’s Enterprise – PARO est un mot latin qui signifie « Je suis prête ».

Dans le cadre du programme, Alice a rencontré une conseillère en entreprise et pris part à des séances hebdomadaires de formation sur des sujets tels que la comptabilité et le marketing, et s’est jointe à un réseau composé de nouvelles entrepreneures tout comme elle.

Tout cela tombait à point nommé, car le Centre était en plein travail de préparation du Thundering Women’s Folk Festival, endroit idéal pour le projet d’Alice : elle pourrait y exposer ses sculptures sur pierre et y donner des spectacles de tambour à main. « C’était une incroyable pépinière de femmes actives dans le domaine des arts, raconte Alice. J’ai été très impressionnée et inspirée par la façon dont le Centre permettait à toutes sortes de femmes de se rencontrer. »

L’environnement où était offerte la formation de PARO était si accueillant et stimulant qu’Alice s’y sentait comme chez elle. « Le groupe fait dorénavant partie de mon cercle familial », assure-t-elle.

Après avoir terminé le programme Gateway, elle s’est inscrite au programme d’« accélération » offert par PARO. C’est dans le cadre de ce programme qu’elle a pu pousser plus loin son idée d’entreprise, évaluer ses forces et ses faiblesses et se fixer des objectifs réalistes.

Elle a ensuite mis sur pied le Beedaubin (qui signifie lever du soleil) Arts Collaborative for Aboriginal and non-Aboriginal youth and elders. À titre de directrice artistique, Alice assure le financement de l’entreprise et se sert des arts comme d’un « outil pour rassembler les gens ». Grâce à l’acquisition de ses nouvelles compétences d’entrepreneure et à l’encouragement que lui a procuré sa famille PARO, Alice a réussi à transformer son rêve en réalité.

Depuis, Alice a obtenu une maîtrise en travail social. Elle continue d’aider sa communauté à aller de l’avant, tant par des interventions dans la sphère sociale que par des projets artistiques. Elle vise dorénavant à obtenir un doctorat en travail social, en arts ou en développement communautaire.

Elle affirme que PARO l’a aidée à prendre des risques et à se lancer à la poursuite de ses rêves.

Pour Alice, l’avenir est sans limites. « Je sens que je ne suis qu’à l’aube de mes possibilités », dit-elle.