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Histoires de réussites

Isatu
À 38 ans, Isatu se considère comme « très vieille ». Pour la plupart des femmes canadiennes, une personne de 38 ans est considérée comme jeune, dans la force de l’âge. Mais Isatu a connu plus que sa part de tragédies. Elle vivait en Sierra Leone avec son mari et ses trois enfants lorsque des rebelles ont attaqué son village et tué son mari.

Elle est venue s’établir au Canada en tant que réfugiée en 2004 dans le cadre d’un parrainage et grâce à un prêt consenti par le gouvernement. Pendant la première année, elle et ses enfants ont été hébergés, nourris et vêtus. Mais rien n’est éternel, et Isatu, qui avait travaillé dans une clinique médicale dans son village africain à titre d’assistante auprès du médecin, savait qu’elle devait trouver du travail. Elle ne possédait aucune formation reconnue en médecine, mais voulait trouver un emploi en usine. « Je souhaitais travailler avec mes mains », explique-t-elle.

Sa marraine l’a emmenée à la YWCA de Scarborough, où elle a suivi un cours d’anglais langue seconde (ALS) et un cours d’informatique. À la fin du séminaire, elle s’est rendue à un salon de l’emploi. Elle a fait une demande d’emploi dans une usine où elle a travaillé pendant un an, jusqu’à ce que des problèmes d’articulations et des douleurs au dos la forcent à quitter son emploi.

Elle est alors retournée à la YWCA pour suivre le programme MOTS (Movement Through Success) (Vers la réussite), subventionné par la Fondation canadienne des femmes, pour se perfectionner en assistance médicale et apprendre les méthodes de travail de bureau.

Ayant désespérément besoin d’un emploi, elle s’est inscrite à une agence fournissant du travail temporaire dans le domaine des soins. « Mais un salaire de 9 $ l’heure n’est pas suffisant pour subvenir aux besoins d’une famille », explique-t-elle avec frustration. Mary, sa conseillère à la YWCA, lui a suggéré de s’inscrire à un collège communautaire. Comme Isatu n’avait pas le temps de suivre des cours en vue d’obtenir un certificat, elle s’est inscrite à une école privée en vue d’obtenir un certificat lui permettant de devenir travailleuse de soutien en trois mois. La YWCA lui a versé la somme de 1 400 $ pour l’aider à payer les frais de scolarité de 2 800 $.

« Nous avons dû emménager avec des amis parce que je n’avais pas les moyens de payer un loyer, dit-elle. Je voudrais être admise dans une maison d’hébergement, mais lorsque j’ai téléphoné, on m’a dit qu’il n’y avait plus de place. »

Elle attend maintenant de passer les examens nationaux en vue d’obtenir son certificat, et se considère très frustrée parce que la date de ces examens vient d’être reportée.

Son rêve est qu’une fois son certificat obtenu, elle sera embauchée directement comme préposée aux soins auprès des personnes âgées ou ayant une déficience physique. Le travail fourni par l’agence ne lui a permis de travailler que sporadiquement et le soir, à fournir des soins à domicile.

Pour Isatu, l’éducation de ses trois enfants, maintenant âgés de 21, 18 et 13 ans, dans une grande ville et dans un nouveau pays constitue un ajustement culturel difficile. « En Afrique, les hommes allaient travailler, et les femmes restaient à la maison, explique-t-elle. C’est à cela que j’ai été habituée. »

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