Ce que nous faisons
Histoires de réussites
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Son estime de soi a été de nouveau mise à l’épreuve dans le cadre d’un autre mariage à un homme qui lui faisait subir de la violence émotionnelle et avec qui elle a eu un fils. Quand, au bout de cinq ans de mariage, son mari lui a dit souhaiter sa mort, elle est partie en camping avec ses deux enfants et est restée au terrain de camping au-delà du week-end prévu. Son mari l’a alors fait arrêter pour enlèvement, et pour protéger ses enfants, elle est retournée vivre à la maison pendant cinq autres années. Son mari lui avait dit que si elle prenait encore une fois les enfants sans sa permission, elle se rendrait coupable d’outrage au tribunal. Des années plus tard, elle a appris que l’ordonnance du tribunal n’avait été valide que pendant 30 jours. À l’hiver 2005, la Société d’aide à l’enfance avait été appelée à plusieurs reprises au domicile d’Emmy, dont une fois lorsque son mari avait obligé leur fils à rester dehors dans la neige sans chaussures parce qu’il avait trop ri, et une autre fois quand il avait menacé les enfants de tuer leur chat. Affligée d’une grave dépression, Emmy a consulté un psychiatre qui lui a recommandé de quitter son mari. « Je n’avais pas un revenu suffisant, dit Emmy, qui était à l’époque designer d’intérieur. Mais j’ai appris par mon médecin que j’étais admissible à des logements subventionnés. Ainsi, le 28 février 2005, j’ai emmené les enfants dans une maison d’hébergement pour femmes victimes de violence, et en mars, j’emménageais dans un logement subventionné. » Elle se souvient du jour où, devant la cour, elle a enfin obtenu un accord de séparation : « Au bout de six heures, c’était fini, dit-elle. Plus de menaces. Et je me suis demandée : “Pourquoi suis-je restée si longtemps ?”. » La maison d’hébergement l’ai aiguillée vers le Centre des femmes d’Aurora, financé par la Fondation canadienne des femmes, où elle s’est inscrite à un programme appelé Making Changes (Changer les cfhoses). C’est là qu’elle a appris à reprendre possession de son propre pouvoir. « Aujourd’hui, quand des choses désagréables surviennent, je sais comment les transformer en une force positive, dit-elle. Le programme Making Changes est la meilleure chose qui me soit jamais arrivée, affirme-t-elle. Il m’a aidée à croire en moi. » Habituée à se dénigrer elle-même dans l’isolement d’une relation marquée par la violence, Emmy se souvient que lors de la première session du programme, les participantes devaient nommer des caractéristiques positives à propos d’elles-mêmes. « J’ai eu de la difficulté à trouver la moindre petite chose, mais en novembre dernier, lorsque les animatrices nous ont demandé d’énumérer 50 de nos côtés positifs, je n’ai eu aucune difficulté ! » Elle s’est inscrite au programme Enterprising Women lorsque sa conseillère en emploi lui a suggéré de lancer sa propre entreprise. Une idée s’était présentée à elle en 2006, lorsque son mari avait emmené les enfants en vacances et lui avait lancé cette menace en quittant la maison : « Je ne suis pas certain de te les ramener. » « J’étais si inquiète que mon psychiatre m’a conseillé d’aller faire une randonnée en canot parce que cela ne servait à rien de rester à la maison à me ronger les sangs, raconte-t-elle. Emmy avait déjà fait du bénévolat au sein du mouvement guide pendant 22 ans et participé au programme Outward Bound, deux expériences qui lui ont donné le courage de s’enrôler dans une expédition de neuf jours, où elle était la seule femme. « Mais j’ai rapidement compris que je possédais plus d’expérience que tous les hommes du groupe. J’avais organisé la nourriture comme il se doit et ils étaient très impressionnés. J’ai même fini par être celle qui dirigeait le canot, dit-elle en riant. Et cela m’a donné une idée. Je pouvais enseigner ces choses à d’autres femmes et les aider à acquérir de la confiance en soi. » Elle a proposé l’idée dans le cadre du programme Enterprising Women, et peu après, elle mettait sur pied son propre site Web et obtenait un financement du Programme d’aide à l’emploi autonome. « Mon premier voyage a eu lieu en février de l’année dernière. J’ai emmené un groupe à un camp d’hiver. J’en avais déjà fait beaucoup avec les Guides », dit-elle. « Mais cette fois-là, j’ai été rémunérée ! » |
