Ce que nous faisons
Histoires de réussites
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« Il venait juste de réussir un cours enrichi à l’école, dit-elle, et il était très intelligent. Il avait l’intention d’aller à l’université. » Mais la violence s’était immiscée bien avant cet épisode dans la vie de Devi. Quand elle avait 11 ans, son père a été assassiné lors d’un mouvement de foule. « À cette époque, les victimes de violence étaient souvent des personnes qui, comme nous, étaient originaires d’Inde orientale », explique-t-elle. En raison de cette tragédie qui lui a ravi son père, Devi a grandi surprotégée par sa mère. « La vie n’était pas facile, mais nous avons survécu », dit-elle. Elle s’est mariée à l’âge de 23 ans et a élevé ses enfants au sein d’une communauté noire, où elle sentait que ses enfants étaient en sécurité grâce aux solides liens d’amitié qu’ils avaient noués avec les autres enfants du quartier. « Mes enfants était considérés comme des modèles à suivre au sein de la communauté », raconte-t-elle. L’assassinat de son fils, qui avait 18 ans à l’époque, a mis fin à ce sentiment de sécurité, et elle a fait une demande de statut de réfugiée pour venir au Canada. Son mari, de qui elle s’était entre-temps séparée, est resté en Guyane, et Devi a été hébergée avec ses trois fils chez des membres de sa famille, à Toronto. « Nous arrivions à nous en sortir, mais avec mes trois enfants, dont le plus jeune était encore tout petit, nous représentions un fardeau. » C’est à cette époque qu’elle a entendu parler de la YWCA de Toronto et de son Centre d’orientation situé sur Kingston Road. Elle a participé au programme Movement Through Success (MOTS) (Vers la réussite), subventionné par la Fondation canadienne des femmes, et a reçu une formation en administration de bureau et en informatique. Présentement, Devi travaille 30 heures par semaine à la Y dans le cadre du programme Community Outreach (rayonnement au sein de la collectivité). Elle espère poursuivre son travail à la Y parce qu’elle tient à « redonner ce qu’elle a reçu ». « Je ne sais pas comment elles font, ajoute-t-elle, mais elles sont toujours là pour nous. Nous n’avons jamais l’impression d’être un fardeau. » « Ma conseillère de la Y m’a dit qu’il existait une subvention pour les services de garde, explique Devi, et je me suis mise sur la liste d’attente. J’ai décidé qu’il était important que j’obtienne ce service, et en attendant, ma sœur m’aide à payer les frais de garde. » Grâce aux programmes et à l’aide des conseillères de la YMCA, Devi affirme être devenue une personne différente. « J’ai retrouvé mon estime de soi, je me suis fixé des objectifs et je sais dorénavant où je vais dans la vie », affirme-t-elle. « J’ai perdu un fils en Guyane, mais en venant au Canada, j’ai réussi à sauver un autre de mes fils », dit-elle en expliquant que son fils de 18 ans est atteint du glaucome et suit présentement des traitements. « En Guyane, il n’aurait pas pu être soigné », ajoute-t-elle. Il espère entrer à la York University grâce à une aide financière du RAFEO, et Devi, maintenant âgée de 46 ans, a déjà entrepris un programme de bourse d’études à l’intention de son fils de cinq ans. Son fils aîné a dû trouver un emploi, mais elle espère qu’il ira un jour lui aussi à l’université. « Je sais que cela ne sera pas facile, mais je veux être indépendante, représenter un modèle pour mes enfants et les voir réussir dans la vie, affirme-t-elle. Je suis prête à tout faire pour que cela se produise. » « Je donne tout ce que je peux », dit-elle en riant. |
